Actualité des accords de libre-échange

1 – CETA : Macron-Philippe-Hulot : Pas question de mettre en cause la signature de la France
Le gouvernement souhaite montrer qu’il est ferme parce que « l’on ne remet pas en cause la signature de la France sur ce traité« , a affirmé, vendredi 29 septembre, JB Lemoyne, secrétaire d’Etat aux affaires européennes lors d’un colloque sur le CETA organisé par le MEDEF. Le gouvernement assurera : « le service avant-vote » pour qu’il soit ratifié par le parlement « Il y a encore toute une bataille d’opinion, une bataille médiatique qui va se jouer parce qu’un certain nombre de personnes vont vouloir profiter de ce débat au parlement  … Ça nous oblige à faire la preuve que cet accord est un bon accord« .
JB Lemoyne rejette donc les risques attestés et les recommandations de la commission d’évaluation mise en place par le gouvernement à la demande de Macron. Quelle sera l’attitude Nicolas Hulot qui répétait encore le 22 septembre au micro de Europe 1 : « Le CETA est un traité qui nous expose au lieu de nous protéger. Ces traités ne sont pas de juste échange mais de libre-échange dans le mauvais sens du terme (…) Il faut donc que les États membres puissent adhérer ou non à ces nouveaux traités« .

2 – Ratification du CETA par les parlements nationaux
A ce jour, 6 pays l’ont validé : Croatie, Danemark, Espagne, Lettonie, Malte, Portugal. Il reste encore 32 votes à venir.

3 – Mercosur – Union Européenne
Depuis 1999, l’UE a engagé des négociations sur un accord commercial avec le MERCOSUR. Le Mercosur est un marché commun sud -américain qui rassemble le Brésil, l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay. Un nouveau round de négociations vient de se tenir à Brasilia du 2 au 6 octobre. Jeudi 28/09, la commission européenne a proposé aux Etats membres d’octroyer un contingent tarifaire annuel de 70.000 tonnes équivalent carcasse de viande bovine partagée de manière égale entre viande fraiche et viande congelée, ainsi que 600.000 tonnes/an d’éthanol. Le Brésil et l’Argentine exportent presque exclusivement des pièces nobles de viande bovine représentant 8 % du poids d’un animal équivalant à un abattage d’environ 1,7 million d’animaux en Europe.
La Confédération Paysanne s’oppose à cet accord et demande à l’État français d’arrêter de donner des mandats de négociation à la CE. Pour le syndicat, quelles que soient leurs productions; tous le paysans sont menacés par les accords de libre-échange. La FNB (Fédération Nationale Bovine) et INTERBEV ont également dénoncé avec force les responsabilités et l’incohérence de Bruxelles et demandent au gouvernement français de rejeter ce nouvel accord car :
– Le mode de production des viandes sud américaines sont des viandes produites à bas coût au sein d’élevages responsables d’une déforestation massive, utilisant sans restriction farines animales et autres traitements vétérinaires interdits au sein de l’UE,
– De plus le Brésil est empêtré depuis plusieurs mois dans un scandale de corruption ayant abouti à la mise en oeuvre d’un vaste réseau de commercialisation de viandes avariées impliquant à la fois les industriels du secteur et les services vétérinaires de l’Etat.
Pour la FNB et Interbev : « Notre demande d’exclusion définitive de la viande bovine de tout accord commercial entre l’UE et le Mercosur est non négociable (…) Nous refusons que les viandes bovines servent une nouvelle fois de monnaie d’échange. Il en va de l’avenir de la filière bovine française, de la santé des populations, des territoires et de l’environnement« .
11 pays, à savoir France, Autriche, Belgique, Hongrie, Irlande, Lituanie, Luxembourg, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, souhaitent que l’UE repousse la présentation de cette offre car ces pays s’estiment vulnérables aux importations de boeuf, éthanol, sucre, volaille, etc. En revanche, 8 autres pays – Allemagne, République Tchèque, Danemark, Italie, Portugal, Espagne, Suède et Grande-Bretagne – sont en faveur des positions de l’UE car « elles redonneraient un souffle aux négociations ». Quele sera la position définitive de la CE ? JC Juncker espère aboutir avant la fin 2017 à un accord politique avec le Mercosur mais aussi avec le Mexique, à l’image de celui obtenu avec le Japon. Une fuite en avant criminelle pour nos paysans, quand on sait que d’ici la fin de l’année la CE compte bien obtenir un mandat des 28 pour négocier de nouveaux accords de libre-échange avec le Chili, l’Australie, la Nouvelle-Zélande…
L’UE s’est mise au service d’une mondialisation purement capitaliste en soumettant le politique à l’économique, aux grandes banques, aux grandes entreprises multinationales de ceux qui les dirigent et de leurs actionnaires.

4 – ALENA et culture
Comédiens, poètes, chanteurs et interprètes canadiens lancent un cri d’alarme : ils veulent que l’exception culturelle soit conservée dans l’Alena. Devant le vent de nationalisme protectionniste qui souffle aux USA : « On est inquiets de ce que les négociateurs peuvent faire de la culture (…) Les règles  canadiennes en matière de contenu permettent à nos interprètes et à nos musiciens d’être entendus sur les ondes radios canadiennes et d’accorder des subvention à nos auteurs et nos maisons d’édition (…) Les positions du gouvernement canadien doivent être plus fermes« .
Ils demandent donc au gouvernement du Canada de ne pas remettre en question les protections qui sont accordées aux industries culturelles. Ils demandent également la taxation des Netflix, Amazon, Google.

5 – A qui profitent les ALE (accords de libre-échange) ?
L’Alena signée en 1992 est emblématique. 23 ans après, le verdict est imparable : le Mexique est devenu un pays importateur d’aliments. Il importe près de 45 % de ses denrées alimentaires contre 15 % en 1994. De plus, 1,9 million de personnes ont perdu leur emploi dans l’agriculture. La pauvreté (plus de 46 % de la population) demeure prégnante tandis que le chômage, les inégalités, les migrations et la violence ont augmenté. De quoi donner raison à l’armée zapatiste de libération nationale (EZLN) qui s’était soulevée le 1er janvier 1994, date d’entrée en vigueur de l’Alena.
Au Mexique, la richesse des 16 milliardaires a été pratiquement multipliée par 6 entre 1996 et 2015. De manière générale, les rares gagnants appartiennent aux fractions de la bourgeoisie dans le secteur du négoce international. En final, la libéralisation commerciale a été en fait organisée par les riches des pays riches pour les riches des pays riches. (source : J. Stiglitz, CADTM et Centre de Recherche sur la Mondialisation).

6 – Finistère : les jeunes agriculteurs pointent les limites de l’étiquetage d‘origine des viandes dans les grandes surfaces
Samedi 7 octobre, les JA ont procédé à un contrôle des étiquetages des viandes, notamment ceux des marques distributeurs qui se contentent d’indiquer sur leurs produits « Origine UE » en utilisant l’image des productions locales pour répondre à l’attente des consommateurs. Les JA attirent également notre attention sur l’arrivage avec le CETA, dans les rayons des GMS, de viandes boostées aux antibiotiques interdits en France. Les JA ne rejettent pas formellement, me semble-t-il, les échanges avec le Canada, mais demandent simplement une parfaite identification de l’origine (Source : Le Télégramme du 8/10).

Pour le Collectif Stop Tafta-Ceta de Quimper Cornouaille
Henri Guillou

Une contribution du Collectif Stop TAFTA-CETA d’Aix Salon Gardanne

 

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