La viande du Mercosur ruinerait notre élevage

La viande du Mercosur ruinerait notre élevage bovin

Alors que les bovins seront encore les vedettes du Salon de l’agriculture, la Commission européenne a reçu le feu vert d’Emmanuel Macron pour accroître les importations de viandes bovines.

Lors de ses vœux au monde paysan depuis le département du Cantal en janvier, Emmanuel Macron avait indiqué que la France souhaitait la conclusion rapide d’un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay, Venezuela, Bolivie). Aux dernières nouvelles, l’offre européenne porterait sur un contingent d’importation de 99000 tonnes par an de viande bovine à tarif douanier de 7,5 % seulement. Dans ces négociations tenues secrètes, il se dit que les pays du Mercosur veulent obtenir 150 000 tonnes et que les négociateurs veulent conclure d’ici au 2 mars.

Ce contingent s’ajouterait aux 67000 tonnes sans droits de douane accordées au Canada avec la conclusion du Ceta. De quoi provoquer une chute importante et durable des cours de la viande bovine en Europe. Mais cet accord frapperait surtout les éleveurs français, car notre troupeau d’environ 4,2 millions de vaches allaitantes est de loin le plus important d’Europe. Les importations des autres pays européens se traduiraient chez eux par moins de débouchés pour les broutards nés en France, faisant baisser leur prix.

Les pays du Mercosur exportent déjà beaucoup de viande en Europe

Un tel accord toucherait aussi le secteur de la volaille et celui du porc. Les pays du Mercosur exportent déjà beaucoup de viande en Europe depuis un précédent accord qui avait introduit de nouvelles normes, avec les viandes « saumurées » détaxées, destinées à l’industrie agroalimentaire pour les plats préparés et les conserves. Du côté des végétaux, l’accord en cours de négociation prévoit un contingent d’exportation de maïs doux sud-américain détaxé pour la consommation humaine ainsi que de l’éthanol et 120 000 tonnes par an de sucre de canne.

L’Europe importe chaque année plus de 30 millions de tonnes de tourteaux de soja d’Amérique du Sud pour nourrir les volailles, les porcs et les bovins, à commencer par les vaches laitières. Négocier des importations de viande en plus revient à mettre nos terres en friche pour accélérer la déforestation en Amazonie. Au-delà de la ruine des paysans, ce n’est pas ainsi que l’on va lutter contre le réchauffement climatique deux ans après la COP21 à Paris.

GÉRARD LE PUILL dans l’Humanité du 23 février 2018

 

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