CETA : grâce à la Wallonie l’approbation des 28 n’aura pas lieu

Une déclaration conjointe d’Attac, Foodwatch, Amis de la Terre et Aitec, portant sur le report du Conseil européen de ce jour sur le CETA (cliquer sur ce lien)


Merci amis wallons, par Patrick Apel-Muller dans l’Humanité du 14 octobre 2016

Le Ceta a du plomb dans l’aile. Le Parlement wallon a refusé de ratifier le traité de libre-échange avec le Canada et c’est donc toute la Belgique qui ne le signera pas, bloquant théoriquement son adoption par l’Union européenne. Pourtant, le président de la Commission de Bruxelles, qui ne semble pas avoir le même respect pour la démocratie que pour le dumping fiscal, mène campagne pour une application provisoire de ce texte. Ce ne serait pas la première fois que les gouvernants du Vieux Continent s’affranchissent du vote des peuples !

Ce traité constitue un véritable cheval de Troie du projet transatlantique avec les États-Unis. Il en a tous les défauts et même quelques-uns en plus. Ainsi, non seulement le système des tribunaux arbitraux existe toujours, afin de donner le pas aux intérêts des multinationales sur les souverainetés populaires, mais l’accord pourrait être modifié dans la plus grande opacité par des « comités d’experts ». Ultralibéral, faisant bon marché des normes sociales, sanitaires et environnementales (bienvenue aux produits OGM !), négocié dans le plus grand secret, il s’imposerait aux lois nationales.

Il est donc très singulier que le gouvernement français, par la voix du secrétaire d’État Matthias Fekl, s’apprête à l’approuver, le 18 octobre, lors d’un Conseil des ministres européens, alors qu’il n’avait pas de mots assez forts pour dénoncer son traité jumeau, le Tafta. Sans doute, les mobilisations qui se sont levées dans toute l’Europe contre ce texte Union européenne – États-Unis n’y ont-elles pas été pour rien.

Mais, avec le Ceta, le ver serait introduit tout aussi sûrement dans le fruit. D’autres étapes, toutes aussi néfastes, s’enclencheraient alors plus aisément. Les mobilisations prévues ce week-end vont révéler le danger au grand public et porter au grand jour le débat que les hiérarques européens veulent étouffer. Il ne faut pas perdre de temps.

Intervention du ministre président wallon Paul Magnette annonçant son refus de valider le CETA.