OMC, Ceta, Tafta : points de vue

Les peuples peuvent-ils bousculer l’ordre économique international ?

Dans la rubrique « Débats & Controverses » de l’Humanité du 8 novembre 2016

Avec les contributions de Marc Delepouve, syndicaliste, universitaire, Marc Tarabella, député PS belge au Parlement européen, Yannick Jadot, député EELV au Parlement européen et  Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen, directeur de l’Humanité.

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Penmarc’h s’affiche

img_4302Une réunion d’information animée par Henri Guillou (Attac) et Gaston Balliot (collectif bigouden « stop tafta ») sur le Tafta à Tréguennec le 29 janvier 2016, la présence, entre autres, de Madame Katia Gravot (Maire de St-Jean-Trolimon première commune du Pays Bigouden à s’être déclarée « Hors Tafta ») provoque un déclic.

Nous rencontrons Monsieur Raynald Tanter pour lui soumettre  notre intention de faire connaître ce projet de réglement commercial entre les USA et l’Europe.

Une conférence-débat le vendredi 4 mars à 20 h 30 dans la salle de la MPT de Penmarch est organisée. Henri Guillou et Gaston Balliot devant une salle comble,  exposent les dangers de ce traité s’il est adopté

Toutefois, nous comprenons très vite qu’encore trop peu de citoyen(nes) sont au courant de ce qui se trame entre les USA et l’Europe. Il suffit d’interroger autour de nous pour le réaliser.

Nous décidons « d’appuyer sur l’accélérateur ».
D’autant plus que nos dirigeants essaient actuellement de nous imposer le CETA, traité équivalent entre le Canada et l’ UE et cheval de troie du Tafta (voir sur le blog de notre collectif www.taftaquoi.wordpress.com )

Plusieurs communes du pays bigouden se déclarent soit « hors tafta » soit en vigilance. Nous sollicitons Raynald Tanter pour que Penmarch soit dans la même démarche. A la suite du conseil Municipal (29.01.2016) Penmarch se place « en vigilance ».

Pourquoi pas une banderole à l’entrée du bourg pour l’annoncer à l’ensemble des habitants de la commune ? Elle peut également « interroger » les visiteurs et les inciter à s’informer également sur le CETA et le TISA.

Le mercredi 14 septembre, nous sommes heureux de pouvoir la poser à l’entrée du bourg.

Nous invitons les autres communes à nous imiter.

 

TAFTA-CETA-TISA – 2 articles de Francis Wurtz et de Yannick Jadot

TAFTA: après la victoire, on continue!

La chronique de Francis Wurtz* dans l’Humanité Dimanche du 8 septembre

Que conclure de l’annonce, fin août, par le patron des sociaux-démocrates allemands puis par notre gouvernement, d’un « échec » du TAFTA (négociations pour l’ouverture d’un grand marché transatlantique) ? D’abord, qu’un vieux principe du mouvement ouvrier conserve ­ à condition de l’adapter à la complexité nouvelle du combat pour l’émancipation ­ toute son actualité : « La lutte paye ! » Sans les impressionnantes mobilisations, dans la rue et sur les réseaux sociaux ; sans les innombrables débats sur les enjeux de ce projet titanesque ; sans les coopérations des partis et mouvements progressistes dans l’UE, pour mutualiser les expériences, l’accord aurait été conclu avant le terme du mandat d’Obama. Les négociateurs européens auraient, comme d’habitude, recouru à la méthode bien connue du « don nant- don nant ». Exemple : « Si vous, Américains, vous cédez sur l’une de nos demandes en ouvrant vos marchés publics à nos multinationales, nous « assouplissons » nos standards sociaux, sanitaires ou environnementaux pour faciliter vos exportations. Ou bien nous ouvrons davantage nos marchés agricoles à la concurrence. Ou encore nous levons quelques « tabous français » en matière culturelle. Et, bien sûr, nous acceptons les « tribunaux d’arbitrage » pour protéger les investisseurs, comme nous l’avons souvent fait… » C’est ce traditionnel jeu de dupes que des millions d’Européens ont fait voler en éclats.

SANS LES IMPRESSIONNANTES MOBILISATIONS, L’ACCORD AURAIT ÉTÉ CONCLU. MAINTENANT, ATTENTION AU « CETA » ET AU « TISA ».

C’est un grand succès ! Mais l’expérience apprend que le capital n’abandonne jamais un objectif jugé stratégique. Ainsi du TAFTA. Certes, le ministre du Commerce extérieur, Matthias Fekl, affirme vouloir demander fin septembre à la Commission un « arrêt clair, net et définitif » des négociations. Mais d’ajouter qu’il faudra les « reprendre plus tard sur de bonnes bases » ! Nous voilà prévenus. Quant à Hollande, il devra expliquer pourquoi, dès le 30 juin, lorsque la Commission européenne a demandé à tous les chefs d’État et de gouvernement : « Devonsnous arrêter ou poursuivre les négociations ? » il a, comme les autres, répondu : « Poursuivre ! » C’est dire s’il faut rester vigilants ! Et, notamment, sur deux enjeux voisins du TAFTA sur lesquels le gouvernement est muet. Et pour cause ! Le premier est le traité CETA (UE-Canada), qui ressemble au TAFTA . Or la Commission prévoit que les 28 États de l’UE le signent sous peu. Puis ce sera au tour de chaque Parlement national de le ratifier… ou de le rejeter. Une bataille à ne pas manquer ! Le second enjeu à suivre est l’accord TISA sur les services, en négociation depuis 3 ans dans l’opacité entre une cinquantaine de pays, dont les 28 de l’UE. Mais le plomb dans l’aile du TAFTA montre qu’aucune bataille n’est perdue d’avance ! Il y a 3 ans, lorsque le TAFTA était présenté comme un projet irrésistible des deux grandes puissances commerciales, nous écrivions ici même : « Les jeux ne sont pas faits. Les contradictions en présence sont énormes. D’autres offensives ont échoué. Celle de 1995 fut enrayée par le veto français sur l’AMI (accord multilatéral sur l’investissement). Celle de 1998 s’enlisa avec la guerre d’Irak en 2003 et le refroidissement des relations avec Washington. Celle de 2007 se fracassa sur la crise. Celle d’aujourd’hui doit être contrée par un appel résolu à l’intelligence des citoyens et l’exigence d’un vrai débat démocratique sur l’Europe qu’ils appellent de leurs voeux. (1) » Nous y sommes. La fatalité n’existe pas.

(*) Député honoraire du Parlement européen. (1) « Le grand marché transatlantique : attention danger ! », « l’Humanité Dimanche » du 18 février 2013.


TAFTA et CETA: Hollande et Fekl jouent notre souveraineté démocratique à Bratislava

  • Le 16 septembre prochain, les dirigeants européens se réunissent à Bratislava. Ils y aborderont les accords de libre-échange transatlantiques. La position de Geneviève Azam (économiste, conseillère scientifique d’Attac), Susan George (écrivaine, présidente d’honneur d’Attac) et Yannick Jadot (député européen, vice-président de la commission du commerce international au Parlement Européen).
  • 14 SEPT. 2016 sur le Club de Mediapart
  • PAR YANNICK JADOT

Le 16 septembre prochain, les dirigeants européens se réunissent à Bratislava. Ils y aborderont les accords de libre-échange transatlantiques : celui en négociation avec les Etats-Unis (TAFTA) et celui avec le Canada (CETA) qu’ils s’apprêtent à parapher le 27 octobre prochain lors d’un sommet à Bruxelles. Le 22 septembre, ce sont les ministres du commerce qui s’y colleront. Or, depuis plusieurs mois, le Président de la République et son Secrétaire d’Etat au Commerce expriment des réserves sérieuses, quoique contradictoires, sur la négociation du TAFTA. Empruntant successivement au registre altermondialiste sur la protection de l’environnement, les services publics, la sécurité des aliments ou le modèle agricole, comme au registre libéral sur l’absence d’engagement américain en faveur d’une libéralisation de leurs marchés publics, Mathias Fekl l’a annoncé publiquement : il ira à Bratislava demander l’arrêt des négociations.

Toutefois, grâce à une étonnante pirouette politique, les mêmes nous expliquent que le CETA n’a rien à voir avec le TAFTA. Mieux, le CETA serait l’anti-TAFTA ! Il y aurait d’un côté les méchants Yankees et, de l’autre, les gentils Canadiens à l’accent si sympathique lorsqu’ils sont québécois et surtout lorsqu’ils acceptent l’ouverture complète de leurs marchés publics ! Certains pourraient y voir une posture tactique : le CETA est à l’agenda des prochaines semaines alors que les négociations du TAFTA sont embourbées aux Etats-Unis et en Europe pour de longs mois, au moins jusqu’aux élections de 2017. Mais ce qui est certain, c’est que ces déclarations ne résistent pas une seconde à l’analyse.

Le TAFTA et le CETA ne sont pas des accords de libre-échange. A l’exception de l’agriculture –heureusement !-, le commerce est déjà libre entre les deux continents. Ces négociations visent à harmoniser les règles et les normes qui encadrent nos économies et nos sociétés, à en limiter l’impact sur les échanges de marchandises, de services et d’investissement. Mais ce que certaines entreprises et gouvernements considèrent comme des « obstacles techniques au commerce » sont souvent des choix de société, construits démocratiquement -parfois de haute lutte-, qui touchent à la protection de l’environnement, de la santé, des salariés et des consommateurs, aux libertés et aux droits fondamentaux. Le cœur de ces négociations est de savoir qui définit la règle pour l’économie et le vivre-ensemble : les citoyens, les collectivités territoriales, l’Etat, les institutions fédérales ou les firmes multinationales ? La régulation se construit-elle sur l’intérêt général ou les intérêts privés ? Ce sont bien nos espaces démocratiques, nos espaces de souveraineté individuelle et collective qui sont en jeu.

C’est peu dire que les salariés n’en sortent pas gagnants. Selon les chercheurs de l’Université de Tufts aux Etats-Unis, le TAFTA détruirait 600 000 emplois en Europe, dont 130 000 en France, alors que le CETA en détruirait 200 000 en Europe, dont 45 000 en France. Les citoyennes et les citoyens des deux côtés de l’Atlantique ne sont pas mieux lotis.

Le CETA abîmerait la santé en renforçant les brevets des firmes pharmaceutiques européennes au détriment de la politique canadienne en faveur des médicaments génériques. Le coût des médicaments pourrait augmenter de plus de 10% pour les Canadiens. Le CETA attaquerait les services publics en bloquant l’émergence de nouveaux services ou le retour sous contrôle public de services mal gérés par le privé. Il mettrait en danger les élevages européens de bœuf et de porc en octroyant au Canada des quotas d’importations de viande. Certes, leurs animaux ne pourront pour le moment être nourris aux hormones mais ils sont particulièrement mal traités et bourrés d’antibiotiques. C’est en fait l’ensemble de notre réglementation environnementale et sanitaire qui serait menacé puisque le Canada et les Etats-Unis ne reconnaissent pas le principe de précaution.

Le CETA est aussi totalement contradictoire avec la lutte contre le dérèglement climatique. Conséquence immédiate de la conclusion de l’accord, la Commission européenne a accepté, sans pénalité environnementale, l’importation des carburants canadiens issus des très polluants sables bitumineux.

En libéralisant les marchés publics, il limite la capacité des Etats et des régions à utiliser ces derniers pour relocaliser une partie de l ‘économie, encourager les entreprises qui misent sur la durabilité, font vivre nos territoires, fournissent des emplois de qualité. Plutôt que de casser cette capacité publique d’intervention, l’UE devrait s‘inspirer des Etats-Unis et développer également un Buy European Act, qui protège les marchés publics, et énoncer un pacte en faveur des PME.

Enfin, en accordant aux firmes le droit d’attaquer les Etats et les régions lorsque leurs profits sont menacés par des mesures de protection de l’environnement, de la santé, des consommateurs ou des salariés, le CETA leur transfère des pans entiers de notre souveraineté juridique et démocratique. Un seul exemple démontre le formidable danger de ces tribunaux privés d’arbitrage : la firme canadienne TransCanada vient d’attaquer les Etats-Unis et demande 15 milliards de dollars de dédommagement aux contribuables américains. Motif : en amont de la COP21 à Paris, Barack Obama a bloqué le projet climaticide d’oléoduc Keystone XL permettant l’exportation des sables bitumineux et autres pétrole et gaz de schiste vers les raffineries et ports américains. Le CETA exposerait donc nos systèmes législatifs et nos pouvoirs exécutifs à la menace permanente des firmes canadiennes et des dizaines de milliers de filiales des groupes américains ou européens installées au Canada, qui ont trop souvent fait de la rentabilité financière leur objectif ultime et du chantage à l’emploi une arme de dérégulation. Alors que les Européens demandent à leurs dirigeants de remettre la main sur l’économie, ce dispositif est une effroyable machine à construire du moins-disant réglementaire et de l’impuissance politique.

Les gouvernements tentent bien de nous vendre un partenariat moderne face aux grands défis. Rien pourtant dans l’agenda de négociation ne traite des urgences globales : dérèglement climatique, droits sociaux, souveraineté alimentaire, condition animale, biodiversité, supervision bancaire et financière, élimination des paradis fiscaux, parité dollar-euro…

Au contraire, le CETA et le TAFTA accélèrent les dérives, les injustices et les absurdités de la mondialisation et de l’institution de la compétition comme norme suprême des sociétés. Ils mettent en péril les sociétés et la planète. Déjà, les conséquences les plus visibles et les plus violentes de la globalisation -la remise en cause des systèmes sociaux, les délocalisations, les cyclones, sécheresses et inondations liés au dérèglement climatique, les épidémies et le terrorisme – interpellent chacune et chacun d’entre nous. Pire, l’extension du marché à tous les recoins de la planète et à toutes les sphères de la vie dépossède les citoyens, détruit les institutions communes, produit une opacité terrible des processus de décision, dilue les responsabilités, aboutit à une perte brutale de repères et accélère la crise écologique. Elle génère des fractures favorisant et amplifiant les replis et les fondamentalismes identitaires.

Cette mondialisation est à rebours du projet européen que nous défendons. Les majorités politiques actuelles ont transformé ce projet de civilisation en une petite mondialisation libérale, productiviste, technocratique et austéritaire, source de conflits et d’injustices. Elle participe des désordres du monde et expose plus ses habitants qu’elle ne les en protège. Si l’Europe ne devient pas un puissant levier de régulation politique et de soutien aux initiatives sociales et citoyennes qui répondent aux défis de notre temps, alors les nationalismes et les extrêmes droites gagneront partout en Europe. Nous refusons la dilution d’un projet européen humaniste, écologiste et solidaire dans une libre-circulation absolue des marchandises, des services et des investissements dont nous contrôlerions les dégâts sur les femmes, les hommes et la nature en érigeant des murs et des barbelés et en construisant des camps.

Nous sommes altermondialistes, et les mondes que nous souhaitons prennent en compte les limites de la planète et font prévaloir la logique des sociétés, des cultures et des droits sur celle des États et des puissances économiques et financières. Alors que trop de responsables politiques bombardent les citoyens d’appels à la peur et à la haine, nous défendons plus que jamais des sociétés ouvertes, fondées sur la coopération entre les humains et avec la nature au lieu de la compétition, capables de décider démocratiquement les normes et règles du vivre ensemble selon les principes de la solidarité, de la durabilité et de la justice internationale.

Pour toutes ces raisons, comme 2000 villes et régions d’Europe qui se sont déclarées zones hors TAFTA/CETA, comme 3,5 millions d’Européennes et d’Européens qui ont signé la pétition STOP TAFTA/CETA, nous demandons à François Hollande et Mathias Fekl d’être cohérents et d’annoncer à Bratislava, au nom de la France, leur refus de poursuivre les négociations TAFTA et de signer le CETA.

Le TAFTA a du plomb dans l’aile..

taftaplombé_mais_CetapasLe TAFTA a du plomb dans l’aile.. tant mieux, mais ils vont essayer de nous refiler le CETA, son équivalent avec le Canada, qui serait un moyen de le contourner.

Demandez donc à votre députée ce qu’elle pense du CETA, et vous aurez une réponse alambiquée… « c’est une opportunité pour la France…mais… »

L’article du collectif national : « La France ne convainc pas ! « 

Le Commissaire européen aux Affaires économiques, le socialiste Pierre Moscovici, a jugé le 2 septembre qu’il n’était « pas pertinent » de suspendre les négociations avec les Etats-Unis pour un traité de libre échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis (TTIP), comme le souhaite Paris.

« Cela ne me paraît pas pertinent de suspendre ces négociations », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Paris. « Je crois qu’il serait beaucoup plus intelligent, au contraire, de les poursuivre, tout en rehaussant notre niveau d’exigences », a-t-il poursuivi.


Francis Wurtz. « Sans les mobilisations en France, l’accord serait en train de se réaliser »

Propos recueillis par Julia Hamloui Mardi, 30 Août, 2016 Humanite.fr
Pour le député honoraire du Parlement européen, Francis Wurtz, « la mobilisation à très court terme » reste de mise « car si l’horizon du TAFTA s’éloigne un peu, l’échéance du traité CETA entre Union européenne et le Canada, elle, approche ».
Peut-on mettre à l’actif du mouvement européen et français contre le TAFTA la décision du gouvernement de demander l’arrêt des négociations ?

Francis Wurtz. Ce qu’on peut mettre à l’actif du mouvement contre le TAFTA, c’est l’enlisement des négociations qu’on constate depuis des mois. Sans les mobilisations en France, en Allemagne et ailleurs, sans la prise de conscience de la gravité des enjeux d’un tel traité qui en a résulté, l’accord serait en train de se réaliser. Si les négociations ont butté , par exemple, sur les « tribunaux arbitraux privés » pour traiter des conflits entre les multinationales et les Etats, c’était exclusivement dû au fait que cela ne « passait pas » auprès de millions de citoyens dûment informés de ce que cela signifiait concrètement. Pour autant, l’annonce -extrêmement ambiguë- du gouvernement et du Président de la République concernant l’arrêt des négociations relève plus d’une opération de « com » que d’une décision politique de fond. Elle est à replacer dans le contexte pré-électoral , au même titre que les rodomontades de circonstance de Manuel Valls contre la Commission européenne à propos de la directive sur le « Détachement des travailleurs » ou le Pacte de stabilité. Il ne s’agit surtout pas de prendre cela pour argent comptant ni de considérer la bataille comme terminée ! Je rappelle que , encore le 30 juin dernier, au Conseil européen des Chefs d’Etat et de gouvernement , où la question était posée, François Hollande avait renouvelé le mandat de négociation de la Commission sur le TAFTA ! Entre temps, il a encore baissé dans les sondages… Et puis, il y a eu la « sortie » du vice-Chancelier allemand, le social-démocrate Sigmar Gabriel, avant-hier, lundi , estimant que « les négociations avec les Etats-Unis ont de facto échoué ». Lui aussi, en glissant ce caillou dans le soulier d’Angela Merkel, prépare les élections de 2017. François Hollande pouvait difficilement être en reste. Mais il a laissé toutes les portes ouvertes : « Les discussions ne pourront pas aboutir à un accord d’ici la fin de l’année » a-t-il déclaré. La belle affaire ! C’est du « Hollande » tout craché.

Mattias Fekl, le Secrétaire d’Etat au commerce extérieur, a d’ailleurs estimé qu’il faudra « reprendre plus tard sur de bonnes bases » ces négociations , et d’autres traités sont également à l’ordre du jour. La vigilance reste de mise ?

Francis Wurtz. Cent fois oui ! La vigilance et même la mobilisation à très court terme ! Car si l’horizon du TAFTA s’éloigne un peu, l’échéance du traité CETA entre Union européenne et le Canada, elle, approche ! Les négociations sur ce traité très voisin du projet TAFTA sont achevées depuis deux ans. La Commission envisage de façon imminente sa signature officielle par chaque Etat membre. Puis ce sera au tour de chaque Parlement national, en plus du Parlement européen, de le ratifier…ou de le rejeter. Cette ratification dans chaque pays a été arrachée au forceps à la Commission. Il ne faudrait pas que la promesse d’un report des négociations sur le TAFTA permette de faire passer « en douce » son « cheval de Troie », le traité CETA ! Ajoutons à cela qu’il ne faut pas non plus perdre de vue l’Accord TISA sur le commerce des services, en négociation depuis trois ans dans l’opacité la plus totale entre une cinquantaine de pays du monde dont les Etats membres de l’Union Européenne.

Au vu des règles régissant les échanges internationaux, peut-on se contenter du statu quo ou un traité faisant valoir d’autres principes est-il nécessaire entre l’UE et les Etats-Unis ?

Francis Wurtz. Nous n’avons pas besoin d’un traité bi-latéral et global UE-USA, destiné en fait à imposer les normes des plus puissants au reste du monde ! Les échanges internationaux doivent répondre aux intérêts légitimes de tous les pays et régions du monde. Dans cet esprit, une Union européenne « refondée » userait de son poids -considérable dans ce domaine- pour favoriser la maîtrise publique des échanges, les régulations, la démocratisation des relations économiques, bref, une humanisation de la mondialisation.


Securité_alimentaire_CETAUn rapport sur la sécurité alimentaire
dans le cadre du CETA
(cliquer sur ce lien pour le télécharger) 

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Les tribunaux d’arbitrages ne sont pas morts !  – lire le document de l’AITEC

Pétition – TAFTA, CETA : demandez à François Hollande de mettre un terme aux accords transatlantiques !

Pétition – TAFTA, CETA : demandez à François Hollande de mettre un terme aux accords transatlantiques !

TAFTA, CETA : demandez à François Hollande de mettre un terme aux accords transatlantiques !

Les négociations sur le TAFTA, bien que critiquées par le Gouvernement français, se poursuivent. Les chefs d’États des 28 États-membres seront invités, lors du prochain sommet de l’Union européenne (UE) les 28 et 29 juin 2016, à confirmer leur soutien au mandat de négociation du projet d’accord de libre-échange avec les États-Unis (TAFTA) donné aux négociateurs de la Commission européenne.

Saisissons-nous de cette opportunité pour demander à François Hollande que la France se retire des négociations sur le TAFTA et qu’elle refuse d’adopter l’accord avec le Canada (CETA). Pendant ce temps, le CETA qui est lui finalisé devrait être soumis en toute discrétion au vote des gouvernements de chaque État-membre lors d’un Conseil de l’UE dès cet automne. S’il est adopté, il créera un précédent pour le TAFTA et d’autres traités de libre échange dits « de nouvelle génération ».

Signez la pétition !

Si vous ne voyez pas le bouton « signer », tentez de désactiver votre bloqueur de publicité ou essayez d’utiliser un autre navigateur.

Après la signature de cette pétition, vous recevrez un courriel de « PoliCAT ». Si vous ne le recevez pas, vérifiez qu’il ne soit pas arrivé par erreur dans le dossier « spam » ou « indésirable » de votre messagerie.

Traités de libre-échange : un référendum sinon rien ! Communiqué des députés du Front de Gauche

 

MARDI, 26 AVRIL, 2016

Communiqué des députés Front de gauche

Depuis octobre dernier, les négociations sur le partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TAFTA) se sont accélérées entre la Commission européenne et les Etats-Unis, avec pour objectif de conclure un accord avant la fin de l’année 2016 et le terme du mandat de Barack Obama.

Alors que le 13ème cycle de négociation vient de débuter, le débat public est toujours inexistant. Les enjeux sont pourtant fondamentaux. Nous avions d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme dès le début des négociations et malheureusement, nos craintes se sont avérées justifiées. Après avoir défendu une proposition de résolution en mai 2014, rejetée par la majorité, les députés du Front de gauche ont demandé que les traités de libre-échange soient à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale ce mercredi 27 avril.

Le cadre foncièrement anti-démocratique des négociations, le manque de transparence de la Commission européenne et du Gouvernement français qui tiennent à l’écart les citoyens sont intolérables. Pour leur part, les lobbies des multinationales sont invités à la table des négociations…

La société civile rejette massivement ce traité du moins disant social, sanitaire et environnemental. En témoigne le nombre de signataires d’une pétition, qui a réuni plus de 3,4 millions de citoyens européens.

Face à la contestation grandissante, le gouvernement s’est déclaré hostile aux points les plus contestés du traité. Pourtant, il a signé le CETA (partenariat commercial UE-Canada), qui contient les dispositions les plus contestées du TAFTA. Nous ne sommes pas dupes de la manoeuvre.

La lutte anti-TAFTA – CETA doit continuer ! Nous réclamons l’organisation d’un référendum sur la participation de notre pays aux traités transatlantiques, pour que la démocratie ne soit pas bafouée et que le peuple puisse décider de son avenir.

Articles récents au sujet du Marché Transatlantique

Mediapart :

Les villes anti-TAFTA d’Europe haussent le ton, article publié le 23 avril 2016

Jadot accuse le gouvernement de «double discours» sur le TAFTA, article publié le 23 avril 2016

La France doit quitter le Paquebot TTIP, par Eric Andrieu

TAFTA : Bruxelles déroule le tapis rouge pour l’industrie fossile !

TAFTA ou la fin d’une utopie européenne

L’Humanité du 26 avril :

Traité transatlantique : A Hanovre, Obama cherche à vaincre les résistances

Bastamag :

Traité de libre-échange et arbitrage privé : une justice à sens unique en faveur des riches ?

Voir aussi un article sur la rencontre de Barcelone (sur le site national StopTafta)

Samedi 28 novembre à la brasserie de Penhors

La réunion d’information sur le TAFTA à la brasserie artisanale de Penhors en Pouldreuzic (voir le flyer) a été un succès, salle comble et bon débat.

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Dans le Télégramme du 30 novembre :

Collectif Stop-Tafta. Les Bigoudens mobilisésBrasseriePenhors28nov15
Une cinquantaine de personnes, dont quelques élus du Pays bigouden, sont venues s’informer sur le traité de grand marché transatlantique lors du débat proposé samedi soir par le collectif bigouden Stop-Tafta. L’Union Européenne et les États-Unis d’Amérique négocient depuis juillet 2013 un traité de libre-échange appelé Tafta ou TTIP. Un traité qui se prépare à huis clos, sans élus mais entre experts des deux bords. Petit à petit, les risques induits par ce traité dans des domaines comme le social, l’environnement, l’agriculture, l’alimentation, les services publics, le droit du travail et la culture se font jour. Début novembre, un collectif bigouden Stop-Tafta a vu le jour pour alerter la population et les élus. Samedi soir, ils étaient une cinquantaine de personnes rassemblées à la Brasserie de Penhors pour débattre sur ce sujet.

Plovan « zone hors Tafta »
À travers l’Europe, la pétition Anti-Tafta a déjà recueilli plus de trois millions de signatures. De grandes villes comme Bruxelles se sont déclarées zone hors Tafta. Ici localement, après Saint-Jean-Trolimon, via une motion vendredi soir, Plozévet vient de se déclarer « zone à vigilance Tafta » et Plovan « zone hors Tafta ». Le collectif Stop-Tafta va organiser prochainement une autre rencontre dans le Pays bigouden. Henri Guillou, d’Attac, a bien souligné que cette protestation ne s’exerçait pas à l’encontre des États-Unis, mais bien contre « les multinationales », devant lesquelles « les états vont se soumettre ! »

« Demander aux maires de se positionner zone hors Tafta »
Les Nations Unies viennent d’exprimer dans le journal The Gardian leurs craintes quant à l’éventuelle violation des droits de l’homme qu’entraînerait un tel traité. Le haut fonctionnaire Alfred de Zayas, expert onusien pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable, a déclaré : « L’ONU ne veut pas d’un ordre international post-démocratique. Il faut tirer les leçons du passé… dans de précédents traités internationaux, les grandes multinationales ont réussi à bloquer les politiques des gouvernements grâce à l’aide de tribunaux secrets qui opéraient en dehors de la juridiction nationale. C’est ce même mécanisme qui est à nouveau proposé dans le Tafta ». C’est une participante à cette réunion qui a résumé les faits : « Nous devons travailler dans nos communes respectives pour demander à nos maires de se positionner comme zone hors Tafta ! »
© Le Télégramme


L’article du Télégramme du 26 novembre :
Anti-Tafta. Conférence-débat samedi
patrick-quelaudren-patrick-daniel-gaston-balliot-jean-claude-ebrelPatrick Quélaudren, Patrick Daniel, Gaston Balliot et Jean-Claude Ebrel du collectif anti-Tafta proposent, samedi à 18 h 30 à Pouldreuzic, un grand débat sur ce traité de libre-échange.

Un collectif anti-Tafta s’est créé dans le Pays bigouden début novembre. Son but : mobiliser le public et les élus sur les enjeux du Tafta, ce traité transatlantique pour le libre-échange commercial avec les États-Unis.
Pour tout savoir, rendez-vous samedi à Pouldreuzic, où le collectif proposera une conférence-débat.

« Tout le monde est concerné »
Le « Tafta », pour « Transatlantic free trade area », est un traité destiné à créer un grand marché transatlantique entre l’Union Européenne et les USA. Les interrogations du collectif sont nombreuses, car le Tafta aura un impact sur la santé, l’environnement, l’agriculture, le social avec de lourdes conséquences : « Tout le monde est concerné ». « Ça se négocie entre experts européens et américains, en secret. Les politiques n’ont pas voix au chapitre, c’est un déni de démocratie ». Quatorze communes du Finistère dont Saint-Jean-Trolimon se sont déjà déclarées comme « Hors Tafta ». Plozévet et Peumerit vont prendre position.
Film et débat
Samedi, le collectif Stop-Tafta bigouden organise à la Brasserie de Penhors une conférence-débat autour de ce grand marché transatlantique avec le film « Transatlantique arnaque, la casse du siècle » de Yannick Bovy, suivie d’une discussion animée par Henri Guillou (Attac) et les membres du collectif,
Pratique
Projection d’un film et débat sur le Tafta proposés par le collectif bigouden Stop-Tafta samedi à 18 h 30 à la Brasserie de Penhors, Trégonguen à Pouldreuzic. Ouvert à tous.


A ce jour 13 communes du Finistère se sont déclarées opposées au Traité transatlantique : Bannalec, Berrien, Botmeur, Carhaix, Douarnenez, Huelgoat, La Feuillée, Motreff, Spézet, St Jean Trolimon, St Rivoal, St Yvi, Trégunc

Voir notre dossier sur le GMT grand traité transatlantique

Pays bigouden : succès de la 1ere soirée d’information sur le TAFTA le 10 novembre à Loctudy

Pays bigouden : succès de la 1ere soirée d’information sur le TAFTA le 10 novembre à Loctudy

La salle polyvalente de Loctudy était trop petite pour accueillir près de 100 personnes dont de nombreux élus.

Après la projection du film documentaire Transatlantique arnaque : la casse du siècle,
Mme Katia Gravot, maire de St Jean Trolimon, commune s’étant déclarée « zone hors Tafta » est intervenue.katia-gravot-maire-de-saint-jean-trolimonPuis un débat animé par Henri Guillou, du collectif StopTafta de Quimper s’est engagé. Ce que l’on peut en retenir c’est que les arguments pour montrer les dangers du Traité transatlantique ne manquent pas, on aurait pu y passer la nuit. Quand à la question « que faire ? » et bien pour l’instant informer, informer, informer….

A la fin de la réunion il a été décidé de créer un comité local Stop Tafta en pays bigouden afin de diffuser l’information et d’organiser d’autres rencontres dans des communes voisines.

Contact : stoptafta.bigouden@gmail.com
ou utiliser le formulaire de contact..

Les organisateurs de cette soirée : Gaston Balliot, de Loctudy, Mireille Cachereul, Hervé Hameury et Patrick Quelaudren, de Pont L’Abbé peuvent être satisfaits, l’objectif est largement atteint.

photo TV bigouden

photo TV bigouden, manque Patrick Quelaudren absent ce jour là

L’information parue dans Bigouden TV

et dans le Télégramme:

L'information parue dans le Télégramme

L’information parue dans le Télégramme

et dans Ouest France :Tafta_OF8nov15

Pour consulter le dossier sur le Traité transatlantique TAFTA cliquer ce lien
ou aller directement sur www.taftaquoi.wordpress.com/dossier/  adresse à diffuser

Formulaire de contact : pour laisser votre message